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Algorithmic Heraldry
Générateur & livre de 500 pages — 2025
Un programme qui génère des blasons à partir des règles de l'héraldique médiévale, chacun scellé par une clé unique. Une sorte de QR code médiéval.
- Année
- 2025
- Contexte
- Recherche personnelle
- Rôle
- Conception, code, édition
- Outils
- p5.js, Python
contexte
Une recherche personnelle, sans commande ni échéance. Le point de départ est une intuition de designer d'identité : bien avant les chartes graphiques, l'Occident médiéval avait déjà inventé un système complet pour signer des personnes, des familles et des villes. Le blason.


le problème
Un blason ne se transmettait pas par le dessin mais par un texte, le blasonnement, assez précis pour qu'un héraut redessine un écu qu'il n'avait jamais vu. Une identité visuelle décrite comme un programme, donc. Que devient ce système si on le prend au mot, et qu'on le donne vraiment à exécuter à une machine ?


la démarche
D'abord lire : les traités de Neubecker, les tables de Pietrasanta qui ont fixé au XVIIᵉ siècle les hachures des couleurs pour l'imprimerie. Ensuite traduire chaque règle en fonction : forme d'écu, partition, meuble, devise.
Une première version en couleur a été écartée. Le noir et blanc tenait mieux à l'impression, frappait plus fort, et surtout libérait les hachures de leur sens codé : elles ne désignent plus une couleur, elles deviennent une matière.


le système
Six formes d'écus, quinze partitions géométriques, vingt-trois devises latines et un répertoire de meubles anciens et contemporains, découpés par des trames hachurées limitées à quatre angles. Plus de vingt mille milliards de combinaisons.
Chaque blason est scellé par une clé courte qui sert de graine : la même clé redonne toujours la même image, et cette image ne peut venir que d'elle.


Le noir et blanc absolu
choix clés
Le noir et blanc absolu. Pas de gris, pas de dégradé : l'écu se lit comme un tampon, à toutes les tailles.
Une clé plutôt qu'un fichier. On ne stocke pas l'image, mais la manière de la fabriquer. Une sorte de QR code médiéval.
Un livre qui se compose seul. Un script Python met les 500 pages en page : les doubles-pages s'enchaînent au hasard, avec une seule contrainte, recto et verso partagent le même fond.
Une position face à l'IA. Un système dont chaque règle est connue et chaque image reproductible à l'identique. Le designer ne dessine plus l'image finale, mais reste l'auteur de tout ce qui en sort.

en situation
Cinq cents pages, en français et en anglais, entre l'A4 et l'A5, en reliure suisse à dos ouvert. Le livre s'ouvre sur un texte théorique en treize chapitres, enchaîne les blasons, des grilles de cent écus jusqu'à l'écu seul, et se ferme sur l'index des clés. Un dummy imprimé a servi à régler l'objet.
Le générateur est jouable ci-dessous : entrez une clé, obtenez son blason.
générateur — entrez une clé, obtenez son blason
résultat et suite
Montré sur Instagram, le projet a surtout déclenché une demande inattendue : des gens qui veulent leur propre blason, et leur clé. Le livre est achevé et inédit ; l'envoi aux éditeurs est en préparation.
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ASAPHR
Écriture inventée — 2026